juillet 24, 2021
pièces de monnaie virtuelles

Bientôt l’arrivée d’une monnaie digitale internationale ?

Il y a 180 devises dans le monde aujourd’hui, officielles comme non-officielles. À ce nombre déjà important s’ajoutent en prime, de nos jours, de multiples cryptomonnaies. Les comptes ne s’arrêtent encore pas là, car certains pays cherchent même à développer leurs propres monnaies nationales virtuelles. Entre tous ces facteurs, quel est l’avenir de la monnaie ?

De nombreux pays développent leur monnaie digitale

Le secteur financier avait déjà été chamboulé lorsqu’en 2019, Facebook décide de lancer sa propre monnaie virtuelle : le diem. La plateforme américaine n’est pourtant pas la seule à se lancer dans des expérimentations financières digitales, car nombreux pays suivent la tendance. C’est le cas, par exemple, des États-Unis et de la Chine. Cette dernière a en effet lancé depuis quelques mois le e-yuan, une monnaie digitale qui permet de faire des règlements directement depuis son téléphone portable. En prime, alors que de plus en plus de consommateurs se tournent vers des paiements dématérialisés, l’ambition d’une monnaie digitale, et possiblement internationale, serait de ne pas voir de fuites vers d’autres monnaies. La Chine, notamment, cherche évidemment à se placer en première place dans le secteur financier, en remplaçant le dollar par l’e-yuan.

Une solution pour les pays aux monnaies fragiles ?

Le développement de monnaie digitale internationale peut-il être une solution pour certaines monnaies fragiles ? Certains pays, comme le Liban ou Madagascar, voient leur monnaie nationale basée sur le dollar américain ou l’euro. Seulement, à chaque dépréciation du dollar par rapport à l’euro, par exemple, la monnaie nationale se voit perdre de valeur. Madagascar, particulièrement, a vu la crise liée à la pandémie mondiale influencer fortement la valeur de l’ariary. Ce pays, déjà fragilisé, est habitué aux changements liés à sa monnaie. En effet, un bref aperçu de l’histoire de la monnaie malgache permet de se contextualiser les fréquentes évolutions que l’ariary a pu connaître. Un taux plus fixe, utilisé internationalement, sur une même valeur, permettrait-il d’empêcher de trop grosses dépréciations ? L’euro numérique pourrait, par exemple, faire une base solide intéressante. Madagascar pourrait même, à l’instar d’autres îles telles qu’Haïti, s’engager dans le développement de sa propre monnaie digitale.

L’euro numérique, nouveau projet de la Banque Centrale Européenne

Premier pays à lancer une monnaie nationale digitalisée, la Chine a pris d’avance l’Amérique du Nord comme l’Europe, qui signale, elle aussi, son envie de rejoindre cette tendance. L’euro numérique, en effet, est le nouveau projet de la Banque Centrale Européenne. L’institution permettrait pour la première fois à des particuliers, et non pas qu’à des professionnels, d’ouvrir un compte afin d’y déposer leur euro numérique. Les facilités de paiement suivraient la démarche digitale que propose aujourd’hui, par exemple, Apple Pay, bien qu’une carte similaire à une carte de crédit puisse être proposée. L’idée est au stade de projet pilote, qui durera deux ans. Les effets et l’impact de cette dématérialisation de l’euro seront étudiés afin d’implémenter, si réussite, l’euro digital au terme de ce pilote. La Banque Centrale, sans aucun doute, cherche ici à appuyer son contrôle de la monnaie et à se placer en opposition aux cryptomonnaies existantes, qui ne sont pas régularisées. 

Une envie de régulariser la cryptomonnaie

C’est, après tout, l’ambition première qui a été donnée à Pékin lorsque celle-ci a annoncé le lancement de son e-yuan. La même logique s’applique volontiers à l’euro numérique, en projet actuellement. L’idée, finalement, serait de structurer le principe de monnaie digitale. Cette dernière est en effet constituée dans l’ambition de se libérer des systèmes bancaires existants et de créer un nouvel ordre monétaire. Cette liberté et la fluctuation de la valeur du bitcoin ne rassurent pas les banques, qui préfèrent prendre les devants en proposant leur propre version. De cette façon, considère la Banque Centrale Européenne, l’euro numérique gardera la valeur de l’euro. Les fluctuations que vit le bitcoin n’auront pas d’équivalent sur ces nouvelles monnaies nationales. Ce n’est pas pour autant, cherche à rassurer la BCE, que les espèces signent leur fin.

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